Tarification de l’eau agricole

La quantité d'eau reçue par chaque parcelle peut être mesurée

Bénin - L’introduction du prix de l’eau de l’irrigation est une solution pour la pérennisation d’un aménagement hydro-agricole, mais la pratique chez le producteur reste un travail d’apprentissage. 

Dans le Nord du Bénin, dans le cadre du programme AMSANA financé par le Fonds Belge de la Sécurité Alimentaire, Join For Water a été chargé de l’amélioration de la disponibilité de l’eau et la gestion efficiente de l’eau mobilisé par l’aménagement de sites hydro-agricoles avec pompage solaire, équipés de compteurs de la consommation de l’eau d’irrigation (à l’échelle du site et pour chaque parcelle de production), de l’amélioration des pratiques culturale des exploitants et de l’intégration de la valeur économique de l’eau. 

Une bonne gestion est indispensable 

Join for water a eu à réaliser dans les communes de Boukombé et Tanguiéta des aménagements composés d’un forage gros débit (5m3/h) équipé de pompe solaire alimentant un château d’eau et se terminant par des vannes d’arrosage avec compteurs pour l’irrigation de parcelles spécifiques par les producteurs. Signalons également l’aménagement d’une borne fontaine pour l’alimentation en eau potable de la localité comme souhaité par les acteurs impliqués. Un gestionnaire a été désigné pour chaque site. Son rôle est d’assurer un suivi régulier des ouvrages (nettoyage des panneaux solaires …), de percevoir les redevances selon la consommation individuelle des producteurs). Le processus a été conduit de manière inclusive avec tous les acteurs pour que le fonctionnement des ouvrages soit mieux compris et le volume d’eau disponible est distribué équitablement pour éviter les divers conflits. Le prix du mètre cube d’eau a été fixé à 100Fm3 de façon inclusive.

Cependant, ce prix de l’eau apparait comme encore contraignant pour certains producteurs et ceux ci adoptent des stratégies visant à optimaliser leurs productions maraichères en début de saison sèche - les sols restants humides assez longtemps suite à la saison pluvieuse. Le taux de recouvrement des redevances eau est faible sur les sites aménagés (globalement de 10 à 30%) avec une grande variabilité de la consommation d’eau et du paiement de la redevance selon les producteurs d’un même site ! Signalons certaines initiatives comme à Pessagou (Commune de Tanguiéta) où les responsables de la coopérative incitent régulièrement au recouvrement des redevances eau lors des réunions des membres. 

Si l’introduction du prix de l’eau de l’irrigation est une solution pour la pérennisation d’un aménagement hydro-agricole, la pratique chez le producteur de s’acquitter de ces frais reste un travail d’apprentissage de longue durée et demande un accord de principe dès le démarrage du projet avec les différentes parties.